Proxima Centauri B, la planète rocheuse la plus proche de notre système solaire

Proxima Centauri B, la planète rocheuse la plus proche de notre système solaire

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Une exoplanète terrestre, en orbite dans la zone habitable de l'étoile la plus proche, Proxima Centauri (Proxima du Centaure en français), a été découverte le 24 aout 2016. Les chercheurs l’ont nommée Proxima B. De taille comparable à la Terre, elle dispose de caractéristiques assez particulières. Les premières analyses étaient plutôt pessimistes quant aux chances de trouver des signes de vie sur cette planète. Mais des études plus récentes laissent croire qu’il est permis de garder espoir et que Proxima b cacherait peut-être des surprises que l’on pourrait découvrir dans les décennies qui viennent.

Le système solaire Alpha Centauri

Parlons d'abord de l'étoile autour de laquelle gravite Proxima B. L'étoile nommée Proxima Centauri fait en fait partie d'un système stellaire triple qui porte le nom d’Alpha Centauri. Ce système triple se compose, en plus de Proxima Centauri, de deux autres étoiles: Alpha Centauri A et Alpha Centauri B. Ces deux étoiles sont séparées l’une de l’autre par une distance correspond à 20 unités astronomiques (une unité astronomique est égale à la distance entre la Terre et le Soleil). Autrement dit 20 fois la distance Soleil-Terre.

Système Stellaire Triple Alpha Centauri | Espace Stellaire

En revanche, Proxima Centauri, l’étoile autour de laquelle gravite la planète dont il est question dans cet article, est éloignée des deux autres étoiles par une distance de 15 000 unités astronomiques!

Proxima Centauri est l’étoile la plus proche de notre système solaire. Elle se situe à environ 4,2 années-lumière de la Terre.

Proxima Centauri fait partie de la catégorie des naines rouges. Sa masse correspond à environ 12% de la masse de notre Soleil. Sa luminosité est encore plus faible. Comparativement à lumière produite par le Soleil, celle de Proxima Centauri équivaut à à peine 0.15% de la luminosité de notre étoile!

Proxima du Centaure | Espace Stellaire

Vue d'artiste de la planète Proxima b, source: Ricardo Ramirez et James Jenkins, Department of Astronomy, Université du Chili

Quelques caractéristiques de l’exoplanète Proxima B

La planète appelée Proxima B fait au moins un 1,3 fois la taille de la Terre et effectue une orbite en 11,2 jours terrestres. Sa masse en revanche n’est pas connue. On estime qu’elle serait de l’ordre de 1.4 fois plus massive que la Terre.

La distance qui la sépare de son étoile est minime comparée à celle qui nous sépare de notre Soleil. Proxima B se trouve à environ 7,5 millions de kilomètres de son étoile. À titre de comparaison, la Terre se trouve à environ 150 millions de kilomètres de notre Soleil. De prime abord, cela peut sembler trop proche, mais en raison de la faible luminosité de l'étoile, la planète ne reçoit que 65 à 70 % du rayonnement que la terre reçoit du Soleil.

Néanmoins, les naines rouges ont la fâcheuse particularité de générer de puissants rayons X et UV. Ce qui dans le cas présent, évaporerait toute eau et toute atmosphère de la surface de Proxima B.

Exoplanète Proxima du centaure b | Espace Stellaire

Vue d'artiste de la planète Proxima b, source: M. Kornmesser, European Southern Observatory

Mais récemment, les chercheurs ont développé de nouvelles hypothèses. On serait arrivé à croire que Proxima B pourrait contenir des océans à sa surface. Bien que la proximité d’une naine rouge laisserait penser que cette hypothèse soit exclue.

Et qui dit eau, dit vie!

En effet, les dernières simulations pratiquées pour évaluer les potentialités de la planète suggèreraient la présence d’eau sur la planète.

Selon certains calculs, Proxima B serait une planète à rotation synchrone. Ce qui signifie tout simplement que pour accomplir une rotation autour de son étoile, elle met autant de temps à faire une rotation sur elle-même. C’est exactement le même phénomène que connait notre Lune. C’est la raison pour laquelle nous voyons toujours la même face de la Lune.

Avec ses paramètres, les chercheurs de la NASA pensent que si l’eau peut s’évaporer à la surface faisant face à son étoile, la partie qui est constamment plongée dans l’obscurité pourrait abriter des océans glacés! Des courants d’eau chaude venant de la partie éclairée pourraient parcourir la partie équatoriale de la planète et réchauffer les eaux de la partie obscure et glacée de   Proxima B. La vie pourrait donc bien se cacher sous la surface d’une épaisse couche de glace.

Peut-on aller vérifier?

Ces dernières années, l’emphase a été mise sur le développement de technologie qui nous permettrait d’envoyer des sondes vers les exoplanètes les plus proches.

L’une des alternatives les plus prometteuses repose dans la technologie des ‘‘voiles solaires’’.

Découvrez notre article sur la technologie Light Sail et les voyages propulsés par les vents solaires

À l’aide de voile ultra-fine, de petites sondes d’à peine quelques dizaines de grammes pourraient déployer leurs voiles en direction du système Alpha Centauri.

En 2016 des chercheurs de l’Université de Californie ont commencé la mise au point d’un système qui permettrait de projeter une sonde équipée d’une voile à l’aide d’une propulsion par laser.

Breaktrough Starshot : la propulsion par laser

Baptisé Breaktrough Starshot, consistera à fabriquer un laser situé sur Terre et qui propulserait la sonde à une vitesse équivaut à 20% de la vitesse de la Lumière.

Dans un tel scénario, la sonde atteindrait son objectif en une toute petite vingtaine d’années. À titre de comparaison, avec la technologie de propulsion actuelle, il faudrait plusieurs dizaines de milliers d’années pour parcourir les quelques 40 000 milliards de km et parvenir à atteindre Proxima b.

Conclusion

Les technologies envisagées pour atteindre Proxima b ne sont pas encore au point. Il faudra plusieurs années avant d’avoir un engin fonctionnel capable de réussir un tel exploit. D’ici là, les chercheurs continuent à observer les exoplanètes avec des télescopes de plus en plus puissants.

Tout comme le télescope spatial TESS (Transiting Exoplanet Survey Satellite), lancé en avril 2018, et qui a pour objectif de recenser systématiquement toutes les exoplanètes situées dans les systèmes voisins, grâce à la technique des transits planétaires.

Quoi qu’il en soit, même si nous ne parviendrons pas à atteindre Proxima b de sitôt, les prochaines décennies s’avèrent prometteuses en découvertes d'exoplanètes.

 


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